Québec: virage vers le Halal et Kasher?

L'exception devient la règle pour l'abattage rituel au Québec.

Nous sommes contre l'abattage rituel SANS ÉTOURDISSEMENT PRÉALABLE et POUR un étiquetage clair sur les produits casher et halal.

Avant propos

Nous sommes soucieux de la laïcité de l’Etat, du bien-être des animaux et de la sauvegarde de nos valeurs

Pour des raisons éthiques parfaitement légitimes, le consommateur, sensible à la cause animale, a le droit de ne pas vouloir consommer de viandes issues d’animaux abattus sans étourdissement. D’autre part, le consommateur qui se nourrit d’une viande issue d’un abattage rituel, consomme, de fait, des produits préparés selon une norme religieuse. Or, il peut ne pas partager les croyances religieuses des fidèles qui ont recours à l’abattage rituel, et s’offusquer qu’une prière vienne consacrer les aliments dont il se nourrit. Le principe de laïcité veut qu’il en soit informé pour qu’il puisse choisir. De la même manière, le consommateur est en droit d’être informé que l’achat de viande issue d’un abattage rituel implique une participation financière à un culte.

 

Le but de cette page n'est pas de sombrer dans le racisme de bas étage, ni de porter atteinte à la religion, qu'elle soit juive ou musulmane, mais de rendre moins cruelles les méthodes d'abattage. Ceci, alors que l'opinion internationale et québécoise commence sérieusement à s'interroger. Déjà, certains religieux progressistes considèrent que l'abattage rituel peut être valide après insensibilisation. C'est l'opinion des Sages Musulmans de l'École Cadis du Caire: «Assommer l'animal avant de l'égorger n'est pas du tout contraire à la religion musulmane du moment que cela ne cause pas la mort de l'animal.... Selon la religion musulmane, tout animal égorgé vivant est permis. Quant à assommer l'animal, s'il s'agit de réduire la douleur de l'égorgement, cela ne peut être que désirable et louable». Il importe donc que se constitue au plus vite au Québec une commission parlementaire qui, avec l'aide des religieux de confession israélite et musulmane, des "sociétés de défense des animaux" du Québec et d'autres intervenants, trouvera une solution acceptable à ce problème.

L'abattage rituel ne peut demeurer simplement privée et interne à une communauté, dès lors qu’elle engage d’autres que soi et son dieu pour y faire entrer, de force, des tiers. Ces derniers sont d’abord les animaux à propos desquels il ne s’agit de rien de moins que de décider de la manière de les tuer. Font aussi partie de ces tiers, de manière toute différente, les consommateurs qui consomment, sans le savoir et sans avoir la possibilité de le savoir, des viandes issues d’animaux abattus rituellement, puisqu’une grande partie d’entre elles est, pour diverses raisons, dirigée vers le marché conventionnel. Cela signifie que l’exercice des droits à la liberté de conscience et à la liberté de pensée, eux aussi reconnus est empêché, avec la complicité de l’Etat.  (Droit Animalier).

 

Le Canada impose une règle d'abattage ( avec étourdissement ) et autorise à y déroger
dans certains cas, et le registre des faits où il apparaît qu’une pratique tolérée dans certains cas s’est étendue au point de devenir la norme. La possibilité de déroger parfois à la règle s’est muée en habitude d’y déroger.

 

L’étourdissement préalable à l’abattage des animaux est une exigence réglementaire au Canada. Il a pour but de rendre les animaux inconscients et insensibles (incapacité à ressentir des stimulus), de telle sorte que leur mise à mort puisse être effectuée en leur épargnant toute peur, anxiété, souffrance et détresse évitables.

 

Au Québec-Canada, les règles générales de l'abattage classique imposent que les animaux soient étourdis dans des abattoirs avant d'être saignés.

Une dérogation fut toutefois accordée aux abattages rituels israélite et musulman pour lesquels les animaux sont égorgés pleinement conscients, sans aucune insensibilisation. Cette exception à l’étourdissement tend à devenir une règle en matière d’abattage des animaux de boucherie.  

L’ensemble des consommateurs subventionne le coût du halal.

La filière d’abattage rituel musulman ne peut survivre économiquement qu’à condition qu’une partie importante des viandes issue des animaux ainsi cruellement sacrifiés soit vendue dans les circuits traditionnels. Pour y parvenir, les industriels les recyclent sans en avertir les consommateurs. S’ils ne pouvaient le faire, les musulmans seraient dans l’obligation de payer le vrai coût de cette pratique, bien supérieur à ce qu’ils payent actuellement, car les consommateurs traditionnels la subventionnent en consommant les surplus sans le savoir. Cette situation explique l’opposition des industriels de la viande et des musulmans à l’étiquetage des viandes en fonction de la méthode d’abattage. (NOVOpress).

La nécessité d’un étiquetage ou un amendement à la loi pour interdire l'abattage sans étourdissement?

Une quantité importante de viande provenant d’animaux abattus sans étourdissement préalable se retrouve dans la filière principale du marché. L’information sur les quantités exactes de viande concernées est difficile à obtenir. Dans ces circonstances, la possibilité pour les consommateurs de ne pas savoir quelle viande se trouve dans leurs assiettes, si elle provient d’un animal abattu selon la méthode rituelle ou si elle provient d’un abattage conventionnel, pose donc évidemment problème. Car si l'on peut voir des rayons halal dans les supermarchés, pour la viande, rien n'oblige les opérateurs à indiquer les conditions d'abattage des bêtes.

 

De la viande Halal écoulés dans les filières «classiques.

Que cela soit au niveau Canadien ou au niveau Québécois, il n’est pas interdit que des professionnels mettent sur le marché des viandes obtenues à partir d’animaux abattus sans étourdissement, selon un rituel religieux reconnu et réalisé conformément aux dispositions réglementaires et ce sans faire mention du mode d’abattage de ces animaux. En effet, certaines parties de la carcasse de ces animaux, voire la totalité de la carcasse, peuvent être mises dans le circuit traditionnel pour des raisons religieuses ou encore si un animal a été rejeté par les autorités religieuses, la viande de l'animal se retrouvera dans le circuit conventionnel, même si l'animal provient d'un abattoir HALAL. Pour éviter les pertes, les professionnels du secteur de la viande halal redirige les pièces peu prisées par les musulmans dans le circuit classique. En effet, ces derniers sont, plus friands des pièces à mijoter et des abats que des parties basses de l'animal.

 

Halal, n'est absolument pas incompatible avec l'étourdissement avant l'abattage! Nous demandons un étiquetage permettant d’identifier la viande provenant d’animaux abattus sans étourdissement. Tant que l’abattage rituel restera autorisé, le consommateur doit pouvoir avoir le choix.. Le consommateur qui n’a pas envie de manger ce type de viande doit pouvoir être libre de choisir. Par ailleurs, nous aimerions que toutes les méthodes d’abattage aient recours à l’insensibilisation de l’animal. ( des actions à venir: amendement aux lois canadiennes et québécoises - L'étourdissement pour tous ) L'abattage rituel peut se dérouler avec étourdissement, comme cela se fait dans de nombreux pays déjà : Autriche, Australie, Nouvelle-Zélande, Malaisie, Danemark, Finlande, Estonie, Suisse, Pologne... Le cadre religieux de l'abattage rituel ne doit pas servir de prétexte ou d'alibi au non-respect des exigences réglementaires.

 

La Nouvelle Zélande à interdit l'abattage sans étourdissement, le ministre Carter a basé sa décision, affirmant que “le droit de la communauté juive de la Nouvelle Zélande de pratiquer sa religion accordé par le Bill of Rights, devait être aussi considéré avec les droits des animaux.”

L'abattage rituel halal sans étourdissement n'est pas obligatoire selon l'imam Marzougui Habib, de l'Association des viandes halal

Déclaration d'un Imam à Radio Canada:

L'imam Marzougui Habib, de l'Association des viandes halal, explique à Radio-Canada.ca que dans le rituel halal, le boucher-sacrificateur doit couper à la main la gorge de l'animal, avec une scie, pour qu'il se vide de son sang. Selon lui, l'animal ne souffre pas. De plus, dit l'imam, le processus d'abattage pour produire de la viande halal peut être concilié sans problème avec les techniques d'insensibilisation en vigueur dans l'industrie. « Ce qui est important pour nous, c'est que l'animal doit être vivant au moment où il est égorgé. Mais s'il est insensibilisé, ce n'est pas grave. » — Marzougui Habib, imam.

 

  L'abattage halal ou casher pourrait être réalisé en insensibilisant les animaux, tout en respectant les convictions de chacun, alors pourquoi continuer à tolérer l'abattage sans étourdissement ?

 

Perte de sang lors de l’abattage religieux avec étourdissement préalable

Il a souvent été avancé que l’étourdissement empêchait la perte de sang. Un travail de recherche récent mené par l’Université de Bristol a démontré que, chez les moutons, la perte de sang après l’étourdissement n’était pas inférieure à celle observée après un abattage sans étourdissement. Des résultats similaires ont été obtenus chez les bovins. Cela devrait dissiper les craintes concernant les effets négatifs de l’étourdissement sur la perte de sang.

Source: (FAO), Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

Abattage sans cruauté?

Le besoin urgent d’un réexamen de l’abattage rituel
Il est nécessaire que les communautés juive et musulmane réexaminent d’urgence leurs pratiques en matière d’abattage. Des observations scientifiques militent en faveur de l’interdiction de tout abattage sans étourdissement préalable, pour des raisons de protection des animaux. Comme le déclare la Fédération des vétérinaires d’Europe, ‘(…) …du point de vue de la protection des animaux et par respect pour l’animal en tant qu’être sensible, la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quelles que soient les circonstances.’ Fédération des vétérinaires d’Europe, 2006.

 

Douleur et terreur
Les conséquences terrifiantes pour les animaux d’un égorgement sans étourdissement préalable sont expliquées dans un rapport publié par le Farm Animal Welfare Council (FAWC), organisme consultatif indépendant constitué de vétérinaires, de zoologues, de chercheurs et de spécialistes de la protection des animaux: « Quand une incision transversale très large est pratiquée au cou, divers tissus vitaux sont sectionnés: peau, muscles, trachée, œsophage, artères carotides, veines jugulaires, principaux faisceaux nerveux (p.ex. nerfs vagues et nerfs phréniques) ainsi que divers nerfs de moindre importance. Une incision aussi importante entraîne inévitablement une rupture d’information sensorielle vers le cerveau chez un animal sensible (conscient). Nous sommes persuadés qu’une blessure aussi considérable entraîne une douleur et un stress très importants pendant le laps de temps qui précède l’insensibilité. » Le FAWC a demandé l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement préalable et Judy MacArthur Clark, qui en était alors la présidente, a déclaré: « Il s’agit d’une incision importante dans le corps de l’animal et dire qu’il ne souffre pas est tout à fait ridicule ». (3)

 

« La transsection des tissus et des vaisseaux principaux du cou lors de l’abattage rituel provoque des réponses cérébrales dues à la stimulation douloureuse causée par la transsection des tissus, et non pas à la diminution de l’irrigation cérébrale ». Rapport d’expertise, INRA, Décembre 2009

 

« Des coups destinés à provoquer une saignée rapide engendrent d’importantes destructions de tissus dans des zones fortement innervées. La baisse de tension rapide qui suit l’hémorragie est nettement ressentie par l’animal conscient et entraîne terreur et panique. L’animal, conscient, souffre aussi quand son sang se répand dans sa trachée ». Rapport du Groupe scientifique sur la santé et le bien-être des animaux

 

« L’abattage sans étourdissement retarde la perte de conscience jusqu’à parfois plusieurs minutes. Durant cette période consciente, l’animal peut être exposé à la douleur et une souffrance non nécessaires dues à :
- des plaies ouvertes
- la possible aspiration de sang, et dans le cas des ruminants, de contenu de rumination
- la possible souffrance par asphyxie après la section du plexus brachial et du nerf pneumogastrique ». Fédération des Vétérinaires, Avis 02/104, 2006.(4)

DE LA SOUFFRANCE DES ANIMAUX À LA TROMPERIE DES CONSOMMATEURS
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Selon la recherche sur le site de l'Agence d'inspection des aliments
Selon la recherche sur le site de l'Agence d'inspection des aliments

Ce que vous devez savoir

 Le marché des aliments Halal est évalué à 632 milliards de dollars par an à l'échelle mondiale(1). 

 

Pour que la viande soit halal, il faut que l’animal égorgé vivant ne soit pas préalablement étourdi et ait la tête tournée vers La Mecque pour qu’il se vide de son sang. Un musulman doit lui couper la carotide et les jugulaires, tout en prononçant des paroles sacrées.

 

Note: Certains abattoirs HALAL permettent l'étourdissement, mais d'autres NON. Il existe aucune liste des abattoirs HALAL au Québec qui procède avec étourdissement ou SANS étourdissement.

 

Les professionnels n’ont pas l’obligation d’informer les consommateurs du mode d’abattage des animaux ; nous mangeons donc tous de la viande abattue rituellement sans le savoir. D'une part ces animaux ne sont pas étourdis avant abattage. D'autre part les citoyens ne connaissent pas la traçabilité de la viande qu'ils consomment.

Au Canada, il existe un organisme de cerification de produits Halal et cet organisme encourage aussi le développement industriel et commercial du Halal au Canada et dans le monde.

 

La plupart des rapports sur le marché halal portent sur la viande, mais les produits certifiés halal ne se limitent pas à la viande, ils incluent presque tous les produits agroalimentaires et certains produits non alimentaires, dont les cosmétiques

CERTIFICATION AU QUÉBEC

DIRECTIVES POUR L'ABATTAGE HALAL

Pour obtenir un certificat d'abattage, on doit déposer une demande auprès de HMCA. Un comité d'inspection s'assurera que les critères suivants sont respectés :

  • le centre d'abattage est sous l'étroite et constante surveillance d'un certificateur halal;
  • les abatteurs sont des adultes musulmans pieux et sains d'esprit, qui comprennent parfaitement les principes et les conditions de l'abattage halal;
  • les abatteurs de centres d'abattage à l'étranger sont des musulmans dûment autorisés, par la loi du pays où ils exercent leurs fonctions, à abattre des animaux conformément à la loi de la Sharia;
  • les animaux sont vivants et en santé au moment de l'abattage;
  • les lieux, le matériel et l'équipement sont nettoyés conformément à la loi de la Sharia;
  • les instruments utilisés pour l'abattage sont de bonne qualité et bien affûtés et ne doivent pas être fabriqués à base d'os, d'ongles ni de dents;
  • les installations doivent être équipées d'un dispositif permettant de rincer le couteau après chaque abattage;
  • au moment de l'abattage, la trachée (voies respiratoires « halqum ») et l'oesophage (voie d'acheminement des aliments et de l'eau « mari ») doivent être sectionnés conformément à la loi de la Sharia;
  • la phrase « Au nom d'Allah » (Bismillah) doit être prononcée pendant l'abattage de l'animal

Autre: Publication, éditée par la Faculté de droit et des sciences économiques de Limoges et par l'Observatoire des mutations institutionnelles et juridiques, peut intéresser tant les militants que les personnes qui étudient la question animale dans le cadre de travaux universitaires ou autres. Chaque numéro est riche d'informations et d'analyses juridiques, conformément à la vocation de la revue.

Droit Animalier ( L'abattage Rituel )
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